David Bowie: Le Phoenix des Temps Modernes

Travailler dans le plus grand secret pour sortir un 24ème album dans une attente quasi messianique demande une confiance exceptionnelle entre les différents collaborateurs du projet. Avec Tony Visconti, producteur fidèle depuis 1970 (« The Man Who Sold The World »), le pari est lancé et réussi, comme on a pu s’en rendre compte. La pochette, réalisée par le graphiste Jonathan Barbrook, reprend les contours de l’album Heroes.

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Malgré l’accroche du clip « Where Are We Now », réalisé par Tony Oursler, qui découvre un Bowie emmascotté, l’air pas très bien, on se rend vite compte après l’écoute de l’album et la sortie du deuxième clip, que cela n’est qu’un leurre. Le clip montre par ailleurs des images de Berlin tournées avant la chute du Mur, une manière délicate d’annoncer qu’il va renouer avec sa trilogie des années 1970 (« Low, Heroes et Lodger »).

Bowie s’amuse avec son public et laisse le flot des rumeurs funestes couler sans jamais prendre la peine de les démentir. Dans le deuxième clip annonçant la sortie de l’album « The Stars », Tony Oursler dévoile David Bowie en pieds, et complète le puzzle. Une opération marketing montée avec classe, dans le plus grand secret et avec l’élégance d’une des plus impressionnantes stars de son temps.

La surprise de Bowie cette fois-ci, c’est bien la continuité avec sa pop des années 70s à laquelle il nous avait habitués. Pas de rupture cette fois-ci, pas de changement musical ni de nouveau costume excentrique. Place aux nouveaux peut être? Depuis la parution de « Reality » il y a dix ans, album tordu, fascinant mais fatiguant dans ses lancinements et ses expériences sonores, Bowie revient à son style pop originel.

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Un artiste qui, malgré sa naissance dans une génération où le fouillis politique a été un des grands messages de la génération (1960-1970), est resté musicalement apolitisé tout au long de sa carrière. Cet album n’est en vérité pas à prendre comme le messie, mais comme la suite du  message qu’il a toujours porté « soyez vous-mêmes, pensez, rêvez, faites ce que vous voulez ».

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« Si on reconnaît un grand artiste à son art de maîtriser le temps, alors Bowie est venu confirmer qu’il était le plus grand des maîtres » (Les Inrocks).
Enfin, une dernière note pour annoncer l’ouverture de l’exposition David Bowie Is. Elle commencera à Londres et rassemblera des milliers de documents inédits, car en effet David Bowie ne jette rien: on aurait recensé plus de 75.000 objets archivés sous son nom, conservés à New York.

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